Lundi 13 septembre 2010 à 19:41
Mais où sont les anciens articles, quel est ce nouvel habillage, d'où reviens-tu, toi qu'on avait plus vu blogger depuis des millénaires, en bref, qu'est-il arrivé à EpoK, ce blog aux couleurs sombres sur lequel tu épanchais ton âme?
Réponse : archivé.
Je suis bien conscience d'avoir laissé cette pauvre page à l'abandon pendant de trop nombreux mois. Je ne saurais vraiment l'expliquer : trop de choses ou trop peu à dire, pas assez de temps ou de motivation pour les écrire ou peut-être simplement une vie trop remplie pour penser à la raconter sur un blog. Mais les choses ont changé : je suis en exil.
Par un tour de force du destin - parce que je peux vous garantir que c'était pas gagné - j'ai quitté les bancs de la fac pour me retrouver en première année de prépa littéraire, surnommée affectueusement Hypokhâgne. Comment est-ce arrivé? Comment vis-je cette improbable situation alors qu'il y a deux ans à peine je déclarai encore à qui voulait l'entendre: " moi vive, jamais je ne mettrai le moindre petit bout d'ongle de pied en prépa " ? C'est ce que je me propose de raconter sur ce blog. Parce que, après tout, il faut bien qu'il serve.
Non?
Jeudi 16 septembre 2010 à 21:53
J'aimerais pouvoir ajouter "pour toujours" mais il n'en est malheureusement rien. Demain, Hex et moi nous rendons à un festival où il n'est pas impossible que nous fassions usage d'une fausse identité (on ne change pas une technique qui gagne). Vous allez me dire: "je croyais qu'en prépa on ne sortait jamais le nez de ses cours". La réponse est: probablement vrai en théorie, mais en pratique je me casse, voilà.
Après la semaine que je viens de passer, j'estime à "probable" mes chances d'y passer avant la Toussaint. Depuis lundi, j'ai eu l'impression de vivre une seule et interminable journée dont je ne vois toujours pas le bout. Entre le prof de géo ("vous voulez être journaliste?" *rire méprisant* "eh bah bonne chance"), la prof d'histoire ("les énarques sont des abrutis"), le voyage à Tours (réveillée 5h, de retour chez moi à 21h, le tout sous une pluie incessante) ou cette journée marathon qui ne m'a laissé aucun répit de 8h à 18h, j'ai l'impression d'être passée dans une essoreuse à salade.
En un mot comme en cent, je suis en total décalage horaire.
C'est grave docteur?
Vendredi 17 septembre 2010 à 15:30
Mesdames et Messieurs, retenez votre souffle !
Aujourd’hui j’ai été témoin de ma première activité anti-prépa ! Jusqu’ici, il semblait que mes camarades étaient littéralement passionnés par ce que pouvaient raconter les profs, au point d’en oublier toute velléité de discussion, confection de cocottes en papier, avions et autres origamis de rigueur en cas de délire majeur du corps professoral. Y avait même personne pour agacer son monde en faisant du flypen.
Mais si, tu sais, le flypen c’est ce machin que les gens doués font avec leurs doigts et leurs stylos que, si toi tu essaies de le faire, ton bic part en mode hélico vers ton œil/la tête du prof (à toi de voir si tu es VRAIMENT malchanceux).
Bref, jusque là, tout le monde ressemblait fortement à ces gens dans 1984, qui font ce qu’on leur dit de faire, quand on leur dit de le faire. Sauf qu’en prépa, c’est pas interdit d’écrire. En fait, c’est même un peu obligé.
Et tout à coup, j’ai surpris la conversation suivante :
« Bon alors, qu’est ce qu’on a encore comme défaut ? »
« Je sais pas trop, on en a déjà beaucoup. »
Vu de chez moi (autrement dit un rang devant elles) cette discussion ressemblait fort à une confection de liste. En vue de procéder à la vérification, j’ai opéré un très léger retournement, juste le temps d’apercevoir une feuille de papier sur laquelle on avait grossièrement dessiné un tableau. Un tableau spécialement dédié au recensement des défauts des profs. Bingo.
Ca me rassure : je ne suis pas entourée de robots.
Pour parler d’autre chose, dans quelques minutes, Hex débarque chez moi en vue d’ingérer un peu de caféine avant de reprendre la route, moi à son bord, vers le festival tant espéré. Il va sans dire que cette coupure d’un week-end sera bienvenue, mais également néfaste à mon taux de stress dans le sang. Dans un sens, c’est toujours bien de s’éloigner du bahut. Dans un autre : tout le travail que j’aurais pu abattre ce week-end devra être reporté. Et croyez-moi, ce genre de plan en prépa, même deux semaines après la rentrée, eh bah ça craint.
Mercredi 22 septembre 2010 à 21:48
C’est le principal problème, quand tu es en prépa (du moins c’est le principal que j’ai déjà eu l’occasion de constater. M’est avis que je saurais en débusquer deux ou trois autres d’ici à décembre) tu as jamais assez de temps. Tu dois lire des trucs, préparer des colles, des devoirs, tout en assistant à tous les cours, ce qui, dans mon cas, représente un volume horaire de 30 à 32 heures hebdomadaires.
Mais je ne me plains pas (loin de moi cette idée).
Mon moment préféré de la journée est – ou devrai-je plutôt dire « était » vu que mes écouteurs ont rendu l’âme depuis une semaine et qu’il ne me reste plus un centime pour en racheter – le retour en bus. Vingt minutes de calme, de sérénité et de musique après une journée de dingue. Vingt minutes de ronronnement de moteur, de liberté. Vingt minutes de détente. Ce qui est plutôt sympa pour mon trapèze gauche qui, depuis que j’ai tiré à l’arc (oui, oui, tiré à l’arc) et qu’ensuite j’ai directement recommencé à stresser est totalement – et douloureusement – contracté. Impossible d’y remédier, et crois-moi, j’ai essayé.
Voilà, encore un mini article en attendant d’avoir le temps d’en faire un vrai. Désolée pour ces trucs riquiqui et sans intérêt.
Samedi 25 septembre 2010 à 17:01

Je vais profiter du fait que je sèche totalement sur ma dissert’ de français pour vous narrer mon super week-end… de la semaine dernière.
Hex et moi nous sommes rendus à un festival de forte ampleur, quelque part dans le nord du Calvados, dans un petit village que nous appellerons Maravilla. La chose ne s’est pas avérée aisée puisqu’il a fallu qu’on poireaute pendant environ deux siècles dans les embouteillages parisiens, à une heure où NORMALEMENT les gens sont soit au travail, soit chez eux, mais pas sur le périphérique comme des pimpins au chômage. Bref. Une fois parvenues au camp de base (autrement connu sous le blaze de « appartement de la grand-mère d’EpoK à Caen) nous étions – enfin – à deux pas de plonger dans un autre univers.
Le samedi matin, nous nous sommes embarquées pour Maravilla. Je ne sais pas trop à quoi je m’attendais. Un festival comme un autre, avec quelques boutiques, quelques gens déguisés et pas mal de touristes peut-être... Je me trompais. Le village avait été décoré dans sa quasi-totalité. Les rues avaient été couvertes de pailles, masquant presque entièrement le bitume, et la rue principale grouillait d’une activité qui n’était pas sans rappeler le marché d’un quelconque roman d’héroic-fantasy. En franchissant les barrières, nous avons croisé un groupe de pirates qui marchait en sens inverse, et une troupe de ce qui ressemblait vaguement à des ménestrels en kilt occupés à se préparer autour de leur voiture. C’est à ce moment précis qu’on a réellement su qu’on avait bien fait de venir.
Il y avait des trucs partout. Tout le monde était en costume, et les seuls qui faisaient tâche étaient ceux qui étaient venus en civil. Des échoppes s’étalaient dans tous les coins, surchargées de pièces d’équipement, d’armes véritables ou destinées aux jeux de rôle. Les gens riaient, blaguaient et se livraient à des batailles de rue qui n’étaient pas sans évoquer une altercation de taverne entre mercenaires un peu trop éméchés.
Alors que j’attendais Hex, partie aux toilettes, battant la paille de la semelle de ma botte, j’ai assisté à une scène qui mérite de rester dans les annales de ma propre mémoire (ce qui n’est pas peu dire, quand on voit le chaos d’informations qui constitue mon esprit) : une petite grand-mère en fauteuil roulant, poussée par ce qui devait être ses petits-enfants, promenait autour d’elle un œil hagard, voire paniqué. Alors que son petit fils se penchait vers elle pour lui hurler dans le sonotone : « C’EST POUR IMITER L’ANCIEN TEMPS MAMIE !!! » , une querelle éclatait à la taverne en plein air. L’un des tenanciers, dans le but manifeste de ramener le calme, dégaina soudain un flingue d’une magnificence telle que je n’en avais jamais vue (crosse ouvragée et tout le bataclan) et, pointant l’arme vers le ciel, tira un coup de semonce. La détonation, accompagnée d’un impressionnant dégagement de fumée blanche, manqua d’expédier l’ancêtre sur roulette dans l’autre monde.
Mais revenons-en à notre description.
Maravilla, c’est un endroit où l’on s’étonne que vous ne soyez pas armée : « Vous avez des épées ? Non ?! Ah, trop dommage, vous auriez pu participer au tournoi de TrollBall » ou encore « Vous êtes armées ? Nan parce que vous pouvez pas accéder au concert avec vos armes ». Et je tiens à signaler qu’il y avait carrément un court de tennis transformée en consigne pour ledit concert. Une consigne où, sagement alignées, les hallebardes côtoyaient les lances, les épées et autre lames de toutes formes.
C’est aussi un endroit où on tire à l’arc, où on se pose sur des bottes de paille avec un verre d’hypocras pour assister à un combat dans l’arène, où des mercenaires manifestement plus morts que vif surgissent soudain de la foule pour tabasser un évêque avant de se faire attaquer eux-mêmes par la confrérie du Gigot, un endroit où le maître de l’arène fait claquer son fouet d’un air menaçant quand les combats menacent de trop près sa tente… Un endroit où, en plein repas, tu entends une agitation suspecte dans la rue et que tu vois surgir, difficilement tenue en chaîne par deux chevaliers, une créature hideuse qui tente de se jeter sur les passants. Passants qui, eux-mêmes, posent une main méfiante sur les poignées/crosses de leurs armes.
Maravilla, c’est enfin un endroit où il fait mauvais temps d’emmener un chien de petit gabarit, le canidé en question risquant fortement de finir chez le véto, victime d’une crise cardiaque. (Un conseil, les amis : n’emmenez que des chiens qui entretiennent de fortes ressemblances avec le loup, c’est le seul animal préconisé dans ce genre d’endroit. Au moins, il ne deviendra pas hystérique en croisant un faune.)
Outre la forte teneur en formidable de l’endroit, Hex et moi étions venues pour Omnia. Le groupe s’amenait pour la première fois en France : on ne pouvait pas rater ça. Je ne les avais vu qu’une fois, mais je dois dire ce que ce concert fut génialissime. Je me suis procurée un sublime débardeur et Steve, dans un effort fortement impressionnant pour parler français, était carrément hilarant : « Donc… Hum… Wolfsong is a song about un petit fils en la forêt… » ou encore « Vous connaissez hum… Alice au pays de Wonder ? » ; « … vous devez vous dire : mais merde ! qu’est ce que c’est que ça ? » … et j’en passe et des meilleures.
Ce week-end fut clairement l’un des meilleurs moments de mon existence.
Surtout quand on le compare avec l’élément clé de celui-ci (attendez que je vous le livre) :
« Les réussites les plus éclatantes du roman (je songe à Proust), ont été des ouvrages qu’aucune théorie du roman construite sur les meilleurs romans passés n’eût pu prévoir. La carence des théoriciens est peut-être la garantie d’un renouvellement rapide de la littérature et de sa richesse accrue. » Discuter ce jugement de Van Tieghem en vous appuyant sur des œuvres romanesques analysées avec soin.
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Help.